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de Kartõ di Crømo

Anhédonie paradoxale

« Ça va, ça vient ! », voilà les mêmes questions, Toujours les mêmes refrains, les mêmes interactions, Les mêmes vibrations avec les mêmes problèmes, Les mêmes histoires d’amour comme épiphénomène. Perdu sur la route, errant sans lanterne, Je suis perdu en déroute et ma vie alterne, Entre ambitions telluriques, torpeurs et balivernes, Entre passions chimériques et intérieur un peu terne. Je suis inscrit dans un moment transitoire, Dans un lieu sans vision et finalement sans histoire. Notre époque sera vue comme une parenthèse amère, Avec deux mots en poupe : absurde et éphémère. Perdu dans les modes et leurs accessoires, Je suis perdu dans les codes avec peu d’espoir, Que j’arrive un beau jour à me mettre à la page, Et dire « oui, tout va bien » pour prendre à fond le virage.   « Ça va, ça vient ! », je deviens irascible, Conscient, parfois lucide d’être pris pour une cible, Dans tous les créneaux mes écarts vont s’enkyster ; Bientôt on pourra monnayer le désir d’exister. Perdu dans l’évasion d’envies un peu vaines, Mes émotions peinent à pénétrer mes veines. J’aimerais être optimiste dire que les blessures enseignent, Mais je constate qu’elles demeurent et que tout l’édifice saigne. Un jour je déteste et l’autre j’adore ; Mes humeurs malléables cernées sous les miradors ; On surveille ici bas tous les coins de paradis, Et même la mélancolie est réduite en maladie. Perdu dans l’afflux et l’effervescence, Je suis perdu dans la foule et ses ressemblances, Dans ces moments je sens la douleur en affluence, Moi l’homme du commun sous médocs et influence.   « Ça va, ça vient! », toujours les mêmes suppliques, Les mêmes besoins d’évacuer les tensions dans la musique, J’aimerais répondre à la demande, mettre les cœurs en fête, Et pas forcément finir avec une balle dans la tête. Perdu dans la rage, perdu dans l’erreur, Je suis perdu sur une plage comme un déserteur. Si la vie est un combat, une guerre de tous les jours, Je suis prêt à parier que l’ennemi vit sans amour. Evidemment le quotidien nous apaise, Sectionné, découpé pour que les angoisses s’y taisent, Pendant ce temps pourtant le flot des jours s’amoncelle, Et si tout fluctue c’est aussi que tout chancelle. Perdu dans la ville, perdu les songes, Je suis perdu dans la vie et tous ses mensonges. Je sais qu’il y a dans l’existence des roses et des ronces, Mais trop souvent on interroge sans attendre la réponse.