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de Kartõ di Crømo

Mes supers héros

Batman, superman ou les chevaliers zodiaques, Quand j’étais gamin, j’étais prêt à casser la baraque ; Tous ces mecs musclés peuplaient mon imaginaire, Mais tout ça masquait comme un arrière goût amer. Ils s’en allaient sauver la veuve et l’orphelin, Toujours pour lutter contre l’unique vilain, Le méchant, mystérieux, plus ou moins réussi, Qui après un long discours s’fait niquer par le gentil. Mais dès l’enfance, je doute et commence, A poser des questions à propos des circonstances : Comment le mal mijote dans un crâne isolé ? Y-t-il une seule recette pour voir des gens désolés ? Si le chaos s’écrit en lettres capitales, Sur le fronton de la plupart des capitales, J’en conclus que c’est à l’homme de créer à son niveau, Un paradis, ici-bas, sans l’aide des super-héros.   Oh ! Oh ! Moi, mes super-héros, Sont retraités bénévoles ou travailleurs sociaux, Syndicalistes motivés pour la séquestration, Anarchistes engagés dans une séquence d’actions. Oh ! Oh ! Moi, mes supers héros, C’est vous, c’est moi et certains pas tous ces blaireaux, Ces connards qui détiennent des supers pouvoirs, Et tous ces hommes qui tremblent à l’idée d’un grand soir.   Chaque année on nous gratifie d’un nouveau demi-dieu, Prêt à tout pour protéger l’enfance ou les petits vieux, Mais étrangement partager les richesses des nations, Semble être le cadet de ses préoccupations. Le super-héros est fort mais il est égoïste, S’attaque au mal en surface, c’est un fort réformiste. C’est bien joli de sauter partout sur des buildings, Mais Spider-Man n’a rien fait contre le moindre holding. Tu peux rester déguisé en t’enfermant sous terre, C’est sûr ! On peut changer l’monde lorsqu’on est milliardaire. Bruce Wayne, soit honnête, interroge ta condition, Ta fortune s’est construite sous certaines conditions. Je ne crois pas aux mutants, aux pouvoirs surnaturels, Je vois l’histoire dans son évolution matérielle. Je crois surtout en l’homme, un sourire au visage. Qui veut le bonheur commun et le commun à l’ouvrage.   Oh ! Oh ! Moi, mes super-héros, Sont retraités bénévoles ou travailleurs sociaux, Syndicalistes motivés pour la séquestration, Anarchistes engagés dans une séquence d’actions. Oh ! Oh ! Moi, mes supers héros, C’est vous, c’est moi et certains pas tous ces blaireaux, Ces connards qui détiennent des supers pouvoirs, Et tous ces hommes qui tremblent à l’idée d’un grand soir.   Ils font des trucs de fou et contrôlent les éléments, Maîtrisent l’air et le feu, font la pluie et le beau temps ; Dans le monde réel on prend des coups et des baffes, Et quand on est désespéré on s’immole dans une CAF. « Burn Hollywood ! Burn ! » : disait Public Enemy, J’ai un nouveau slogan « Brûle ! Brûle, Paris ! ». Chaque empire a une fin, plus ou moins attendue, Même en France c’est la faim qui tiraille dans la rue. N’essayez pas de croire que je grossis le tableau, Aucun type en moule-bite n’ira sauver votre peau. Les grands leaders sont trop rares et souvent me fascinent, Mais lorsqu’ils luttent pour la paix parfois on les assassine. Alors gardez dans vos malles ces fables infantiles, Et construisez sur les dalles des poèmes et des villes, Je ne veux plus d’un monde qui ploie sous le poids de la débâcle, Et je veux que la vie soit comme un éternel spectacle.   Oh ! Oh ! Moi, mes super-héros, Sont retraités bénévoles ou travailleurs sociaux, Syndicalistes motivés pour la séquestration, Anarchistes engagés dans une séquence d’actions. Oh ! Oh ! Moi, mes supers héros, C’est vous, c’est moi et certains pas tous ces blaireaux, Ces connards qui détiennent des supers pouvoirs, Et tous ces hommes qui tremblent à l’idée d’un grand soir.